Le chiffre magique de la survie

– 3 secondes de chute –

– 3 minutes sans air –

– 3 heures sans chaleur –

– 3 jours sans eau –

– 3 semaines sans nourriture –

– 3 mois sans revenu –

– 3 ans sans relation humaine –

Il y en a 7 et 3 fois 7 = 21 décomposé en 2 + 1 = 3, tien tien! Encore le 3!

Bien qu’il soit de mise de prendre ceci à la légère, il n’en est pas moins vrai que les priorités à préparer dans votre plan d’urgence doivent commencer par celui qui met en danger votre vie avec le moins de temps !

Pour notre préparation à réagir en cas de bris de normalité, il y a relativement peu de préparation possible pour les 2 premiers. Il y a très peu de situations où la chute est une menace à notre vie. Je ne vois principalement que l’évacuation d’un logement de 2 étages et plus. D’un balcon peu élevé il est possible de prévoir du cordage, mais si on ne se prend pas pour Spiderman, on attendra avec espoir l’arrivée des secours. Il y a bien sûr des risques de chute en escalade ou en voiture sur les chemins en montagne, mais outre par la formation, la prudence ou l’abstention, vous n’avez pas de préparation possible dans votre plan d’urgence. En fait ce risque est très souvent assumé volontairement.

J’ai un peu l’impression d’aborder un sujet morbide, mais bon! C’est pour la bonne cause de la prévention! Je poursuis.

Pour le manque d’air, bien qu’il soit le 2e plus rapide à menacer la survie si l’on en est privé, paradoxalement il est très difficile de s’en prémunir. Les 2 grandes menaces proviennent de la fréquentation de milieux liquides ou de contaminants atmosphériques telles que les gaz toxiques ou la fumée provenant d’un incendie. Dans le premier cas, autrement que par la formation en natation et autres activités nautiques, la vigilance parentale fait généralement le travail. Je fais référence ici à l’heure du bain! Les environnements denses en fumées s’évitent généralement par l’évacuation de la résidence en feu ou en fuyant la ville menacée par un incendie de forêt. Lorsqu’on doit rester confiné chez soi à cause d’une fuite de gaz dans le quartier, il est aussi possible de seller les fenêtres, les portes et les bouches de ventilation. Dépêchez-vous d’arrêter l’échangeur d’air et obturer l’entrée et la sortie, ainsi que celle de la hotte, de la ventilation de la salle de bain et de la sortie de sécheuse. L’équipement que je peux vous recommander cependant comme matériel de survie c’est un filtre à air portatif que vous pourrez utiliser alors. Il a l’avantage d’être aussi utile occasionnellement en temps normal.

Les 3 autres menaces à la survie qu’est le manque de chaleur, d’eau et de nourriture nécessitant beaucoup plus de réflexion, d’efforts, de moyens financiers et de temps de préparation pour seulement tendre vers une indépendance. Il y a énormément de possibilités à envisager, mais contrairement à l’air généralement abondant et sain, les points majeurs sont la production locale et la conservation en espace et conditions particulières. Pour certains, leur production demande beaucoup de temps, d’espace, d’énergie, d’outils et de savoir-faire particuliers. Pour d’autres les technologies ne peuvent que provenir de l’extérieur et devront être renouvelées; tel que les composantes d’un système photovoltaïque, le poêle à bois, la cuisinière au gaz ou les filtres à eau. En plus, ils sont interdépendants! Les aliments ont besoin d’eau, d’amendement et d’énergie pour croitre et être conservés, l’eau à besoin d’énergie pour être pompé, filtré et chauffé. Pour avoir chaleur et lumière il faut de l’énergie qu’on doit capter (soleil ou bois), transformer (les technologies électriques ou manœuvres humaines), accumuler (espace à bois, à gaz ou à batteries) et émettre par des diffuseurs thermiques (poêle, cuisinière, plinthe, etc.) ou mécaniques comme des moteurs (pompe). Et ici je n’effleure que les sujets!

Il restera la possibilité de faire des réserves d’argent. Idéalement pour 3 mois parce que même s’il y avait une situation très difficile, les transactions par l’argent ont de bonnes chances de persister. Si ce n’est pas en argent liquide, des transactions devraient tout de même avoir lieu, du moins pour ces 3 premiers mois dans plusieurs types de catastrophes soudaines! Pour cela il faut quand même avoir un bon travail et avoir la discipline de dépenser moins pour des futilités durant votre période de préparation. Je vous recommande d’être bien préparé aux bris de normalités avant de recommencer à vous payer de grands lux. Le troc pourra jouer un rôle parallèle essentiel, mais il faut des réserves ou des savoir-faire ayant de la valeur.

Finalement, les relations humaines sont fondamentales pour notre équilibre psychique. Le côté des relations humaines indispensables au bien-être et à la survie à long terme c’est l’entraide. Il est impossible de tout avoir et savoir tout faire. Le troc abordé précédemment n’est possible que si on le fait avec d’autres humains ayant des actifs complémentaires aux vôtres. Mais encore faut-il qu’ils veuillent bien transiger avec vous!

Même le confinement et les politiques sanitaires de distanciation physique ne devraient pas être des obstacles à connaître et rendre service à vos voisins. Soyez sympathique et empathique avec vos fournisseurs de produits et services. Ça pourrait vous permettre des faveurs! Et si vous avez besoin de rehausser votre réputation, devenez compréhensif et accrochez-vous un sourire, il n’est peut-être pas trop tard!

L’improvisation n’a pas sa place en situation d’urgence.

Le moins qu’on puisse dire c’est que l’an 2020 nous permet de prendre conscience de notre faible préparation à l’imprévu, ou à ce qu’on appelle le bris de normalité. Plusieurs se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas de réserve d’aliments, d’argent ou d’énergie… pour subvenir à leurs besoins plus de quelques jours!

Certains ont commencé à faire du pain, beaucoup de pain! D’autres à cuisiner de nouvelles recettes, ou encore suivre toutes sortes de formations pour faire plus de choses par soi-même! D’autres selon leurs valeurs ou niveau de peur, auraient voulu fréquenter moins souvent certains lieux à cause des conditions d’accès ou à cause du risque que cela représente.

Dans ce contexte, plusieurs ont aussi pris conscience qu’ils n’ont pas de plan d’urgence. En tous cas, ça été mon cas! Par exemple un plan pour savoir comment évacuer? Quoi emporter? Où se retrouver si on est séparé de nos êtres chers soudainement par une catastrophe?

Il faut d’abord savoir que dans les pires conditions, la survie dépend du niveau de préparation. Autrement, sans préparation, une grande adaptabilité devient fondamentale. Mais c’est loin d’être dans les aptitudes de tout le monde : la débrouillardise!

On peut aussi affirmer que le degré de paix d’esprit en temps normal dépend de ce niveau de préparation à d’éventuelles catastrophes. C’est rassurant, de savoir qu’on est prêt. Cette absence de souci est aussi un facteur de réussite durant une crise. Elle renforce notre assurance, notre confiance en soi et notre capacité à bien réagir et exécuter les bonnes choses, correctement et au bon moment.

Après s’être éloigné du danger immédiat, l’objectif de la préparation doit être de se garder au chaud, de boire puis de manger. La préparation doit aussi prévoir le retour le plus rapidement possible à des conditions normales de vie telle que de vivre dans un abri sec, chaud et durable, et tel que l’accès à des aliments en quantité suffisante pour s’assurer une sécurité et le retour à une vie paisible.

La meilleure façon de faire une bonne préparation au niveau alimentaire, c’est de faire des réserves utilisables à court ou long terme. On ne le fait donc pas pour rien! C’est pas seulement un investissement au cas où! On l’utilise, on en fait une rotation. La réserve varie en quantité et diversité selon les saisons, comme le faisait nos ancêtres.

La réserve fait partie intégrante d’une plus grande autonomie alimentaire. Mais cette autonomie, il faut la planifier d’avance parce que c’est la plus difficile à atteindre en connaissance, temps et surface. Aussi, même si vous ne commencez pas maintenant à cultiver un petit quelque chose sur place comme sur votre balcon, ou faire de la germination, de prévoir un type de culture possible chez vous à faire en temps de crise, sera un bon moyen d’allonger votre indépendance alimentaire, au-delà de vos réserves et de consommer un peu d’aliments frais. Ce qui peut aider aussi c’est la collaboration avec d’autres autonomistes qui permet la complémentarité; je fournis les œufs, tu fournis le bois de chauffage.

Si je continue dans les autres autonomies, y a aussi toute une approche avec l’autonomie en électricité PV (photovoltaïque) qui devient rentable actuellement à comparer la fourniture de service d’Hydro-Québec. Nos réserves d’énergie électrique essentielles devraient assurer le pompage de l’eau (en milieu rural…), une partie de la réfrigération, l’éclairage et quelques appareils utilitaires nécessaires lors de bris de normalité… C’est un avantage qu’à l’électricité sur le bois ou le gaz.

Parmi les autonomies, celle en électricité est celle qui nécessite une grande conscience de notre consommation d’électricité… et celle qui représente le plus gros investissement financier d’un seul coup. Mais pas de panique! Il y a quand même moyen de planifier une installation évolutive.

Regardons un peu l’autonomie en eau. En dehors des zones urbaines, la pression et une grande quantité d’eau peuvent dépendre de l’autonomie en énergie électrique pour pomper l’eau d’un puits, d’un lac ou d’un réservoir d’eau de pluie, afin d’en avoir en assez grande quantité à portée de la main, mais aussi souvent pour en assurer la filtration. Comme en camping, l’ébullition, les pastilles et les petits filtres manuels dépannent en cas d’urgence pour les petites quantités dédiées à la consommation. Mais à long terme il vaut mieux disposer d’une bonne alimentation en électricité.

Il y a aussi tout un défi pour le chauffage de l’eau dédié à se laver et à la lessive.  En autonomie, l’eau est généralement chauffée par un appareil au gaz ou un poêle à bois adapté. Les sacs solaires pour douche ne sont pas très satisfaisants à long terme; autant se laver dans un lac, mais ça c’est juste l’été à la campagne! En milieu urbain tous ces risques se gère différemment. En fait, le chauffage de l’eau pour se laver est moins essentiel en survie, mais c’t’un mautadit beau lux à rétablir quand une grosse crise passe!

Parlons un peu de survie. La survie est souvent associée aux expéditions solitaires en forêt très éloignée et à de grandes aventures extrêmes qui tournent mal. Dans ces situations c’est bien prévisible après tout! Quand on repousse ses limites, on joue avec la vie! La popularité de ces expéditions contribue beaucoup au développement d’équipements plus petits et très performants. On les utilise ensuite en camping et ils peuvent faire partie d’un équipement de survie ou d’un sac d’évacuation…  Dans cette série émission on aura souvent l’occasion de présenter des outils ou des gadgets qui peuvent servir dans plusieurs situations.

Le concept de Vie et survie

Dans cette série, je vais vous partager le résultat de mes recherches et de mes expérimentations, mais aussi apprendre avec vous. J’ai déjà des projets d’entrevues pour aller chercher l’expertise le plus directement possible à la source.

Je vais aborder la préparation d’un plan d’urgence adapté. Quoi prévoir à court terme pour vivre ou survivre selon le type de risque ou de pénurie, et selon que vous restiez à la maison ou que vous deviez quitter. On verra comment s’adapter à la saison et au milieu de vie rural ou urbain.

Les autonomies

En prévision de crise plus systémique, donc prévisible, comment y répondre par plus d’autonomie. Les autonomies en eau et en énergie nécessitent une plus longue préparation et sont moins accessibles à tous. Par exemple en milieu urbain dense, l’autonomie en eau de pluie est pratiquement impossible à organiser. L’enjeu sera plus en filtration et pour avoir une réserve. Pour les petites villes, bien que le système est plus facilement installable sur les terrains, ce sera les mêmes enjeux à cause de prix d’installation.

Pour l’autonomie en énergie, la différence est aussi grande entre la ville et la campagne. La sécurité de la fourniture en électricité au Québec étant très bonne, je parlerai du sujet avec l’angle de la résilience de courte durée au prix le plus abordable.

La principale autonomie que j’aborderai sera alimentaire. La crise sanitaire actuelle de 2020 démontre déjà des signes de diminution de disponibilité de certains types de denrées. Sans espérer qu’une pénurie alimentaire se pointe rapidement, c’est actuellement le risque le plus élevé de pénurie parmi les 3 ressources essentielles actuelles que sont l’eau, l’alimentation et l’énergie. Voilà pourquoi après le plan d’urgence, la création de réserves alimentaires sera des mes prochains sujets.

Vous pouvez vouloir vous assurer plus de sécurité au coût minimum parce que vous évaluez que ça ne servira peut-être pas. Mais vous pouvez aussi vous amuser en vous préparant. Partir à la recherche du bidules multifonctions peut devenir une quête très amusante et enrichissante à faire avec ses enfants! Pour conclure, ce qui est certain, c’est que vous ne me verrez pas vous proposer d’armes à feu, je n’y connais absolument rien!

Stéphane Bernier