L’improvisation n’a pas sa place en situation d’urgence.

Le moins qu’on puisse dire c’est que l’an 2020 nous permet de prendre conscience de notre faible préparation à l’imprévu, ou à ce qu’on appelle le bris de normalité. Plusieurs se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas de réserve d’aliments, d’argent ou d’énergie… pour subvenir à leurs besoins plus de quelques jours!

Certains ont commencé à faire du pain, beaucoup de pain! D’autres à cuisiner de nouvelles recettes, ou encore suivre toutes sortes de formations pour faire plus de choses par soi-même! D’autres selon leurs valeurs ou niveau de peur, auraient voulu fréquenter moins souvent certains lieux à cause des conditions d’accès ou à cause du risque que cela représente.

Dans ce contexte, plusieurs ont aussi pris conscience qu’ils n’ont pas de plan d’urgence. En tous cas, ça été mon cas! Par exemple un plan pour savoir comment évacuer? Quoi emporter? Où se retrouver si on est séparé de nos êtres chers soudainement par une catastrophe?

Il faut d’abord savoir que dans les pires conditions, la survie dépend du niveau de préparation. Autrement, sans préparation, une grande adaptabilité devient fondamentale. Mais c’est loin d’être dans les aptitudes de tout le monde : la débrouillardise!

On peut aussi affirmer que le degré de paix d’esprit en temps normal dépend de ce niveau de préparation à d’éventuelles catastrophes. C’est rassurant, de savoir qu’on est prêt. Cette absence de souci est aussi un facteur de réussite durant une crise. Elle renforce notre assurance, notre confiance en soi et notre capacité à bien réagir et exécuter les bonnes choses, correctement et au bon moment.

Après s’être éloigné du danger immédiat, l’objectif de la préparation doit être de se garder au chaud, de boire puis de manger. La préparation doit aussi prévoir le retour le plus rapidement possible à des conditions normales de vie telle que de vivre dans un abri sec, chaud et durable, et tel que l’accès à des aliments en quantité suffisante pour s’assurer une sécurité et le retour à une vie paisible.

La meilleure façon de faire une bonne préparation au niveau alimentaire, c’est de faire des réserves utilisables à court ou long terme. On ne le fait donc pas pour rien! C’est pas seulement un investissement au cas où! On l’utilise, on en fait une rotation. La réserve varie en quantité et diversité selon les saisons, comme le faisait nos ancêtres.

La réserve fait partie intégrante d’une plus grande autonomie alimentaire. Mais cette autonomie, il faut la planifier d’avance parce que c’est la plus difficile à atteindre en connaissance, temps et surface. Aussi, même si vous ne commencez pas maintenant à cultiver un petit quelque chose sur place comme sur votre balcon, ou faire de la germination, de prévoir un type de culture possible chez vous à faire en temps de crise, sera un bon moyen d’allonger votre indépendance alimentaire, au-delà de vos réserves et de consommer un peu d’aliments frais. Ce qui peut aider aussi c’est la collaboration avec d’autres autonomistes qui permet la complémentarité; je fournis les œufs, tu fournis le bois de chauffage.

Si je continue dans les autres autonomies, y a aussi toute une approche avec l’autonomie en électricité PV (photovoltaïque) qui devient rentable actuellement à comparer la fourniture de service d’Hydro-Québec. Nos réserves d’énergie électrique essentielles devraient assurer le pompage de l’eau (en milieu rural…), une partie de la réfrigération, l’éclairage et quelques appareils utilitaires nécessaires lors de bris de normalité… C’est un avantage qu’à l’électricité sur le bois ou le gaz.

Parmi les autonomies, celle en électricité est celle qui nécessite une grande conscience de notre consommation d’électricité… et celle qui représente le plus gros investissement financier d’un seul coup. Mais pas de panique! Il y a quand même moyen de planifier une installation évolutive.

Regardons un peu l’autonomie en eau. En dehors des zones urbaines, la pression et une grande quantité d’eau peuvent dépendre de l’autonomie en énergie électrique pour pomper l’eau d’un puits, d’un lac ou d’un réservoir d’eau de pluie, afin d’en avoir en assez grande quantité à portée de la main, mais aussi souvent pour en assurer la filtration. Comme en camping, l’ébullition, les pastilles et les petits filtres manuels dépannent en cas d’urgence pour les petites quantités dédiées à la consommation. Mais à long terme il vaut mieux disposer d’une bonne alimentation en électricité.

Il y a aussi tout un défi pour le chauffage de l’eau dédié à se laver et à la lessive.  En autonomie, l’eau est généralement chauffée par un appareil au gaz ou un poêle à bois adapté. Les sacs solaires pour douche ne sont pas très satisfaisants à long terme; autant se laver dans un lac, mais ça c’est juste l’été à la campagne! En milieu urbain tous ces risques se gère différemment. En fait, le chauffage de l’eau pour se laver est moins essentiel en survie, mais c’t’un mautadit beau lux à rétablir quand une grosse crise passe!

Parlons un peu de survie. La survie est souvent associée aux expéditions solitaires en forêt très éloignée et à de grandes aventures extrêmes qui tournent mal. Dans ces situations c’est bien prévisible après tout! Quand on repousse ses limites, on joue avec la vie! La popularité de ces expéditions contribue beaucoup au développement d’équipements plus petits et très performants. On les utilise ensuite en camping et ils peuvent faire partie d’un équipement de survie ou d’un sac d’évacuation…  Dans cette série émission on aura souvent l’occasion de présenter des outils ou des gadgets qui peuvent servir dans plusieurs situations.

Le concept de Vie et survie

Dans cette série, je vais vous partager le résultat de mes recherches et de mes expérimentations, mais aussi apprendre avec vous. J’ai déjà des projets d’entrevues pour aller chercher l’expertise le plus directement possible à la source.

Je vais aborder la préparation d’un plan d’urgence adapté. Quoi prévoir à court terme pour vivre ou survivre selon le type de risque ou de pénurie, et selon que vous restiez à la maison ou que vous deviez quitter. On verra comment s’adapter à la saison et au milieu de vie rural ou urbain.

Les autonomies

En prévision de crise plus systémique, donc prévisible, comment y répondre par plus d’autonomie. Les autonomies en eau et en énergie nécessitent une plus longue préparation et sont moins accessibles à tous. Par exemple en milieu urbain dense, l’autonomie en eau de pluie est pratiquement impossible à organiser. L’enjeu sera plus en filtration et pour avoir une réserve. Pour les petites villes, bien que le système est plus facilement installable sur les terrains, ce sera les mêmes enjeux à cause de prix d’installation.

Pour l’autonomie en énergie, la différence est aussi grande entre la ville et la campagne. La sécurité de la fourniture en électricité au Québec étant très bonne, je parlerai du sujet avec l’angle de la résilience de courte durée au prix le plus abordable.

La principale autonomie que j’aborderai sera alimentaire. La crise sanitaire actuelle de 2020 démontre déjà des signes de diminution de disponibilité de certains types de denrées. Sans espérer qu’une pénurie alimentaire se pointe rapidement, c’est actuellement le risque le plus élevé de pénurie parmi les 3 ressources essentielles actuelles que sont l’eau, l’alimentation et l’énergie. Voilà pourquoi après le plan d’urgence, la création de réserves alimentaires sera des mes prochains sujets.

Vous pouvez vouloir vous assurer plus de sécurité au coût minimum parce que vous évaluez que ça ne servira peut-être pas. Mais vous pouvez aussi vous amuser en vous préparant. Partir à la recherche du bidules multifonctions peut devenir une quête très amusante et enrichissante à faire avec ses enfants! Pour conclure, ce qui est certain, c’est que vous ne me verrez pas vous proposer d’armes à feu, je n’y connais absolument rien!

Stéphane Bernier

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